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Édito: Newsletter septembre 2020


En pleine crise économique et sanitaire, le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof et le président de la nation, Alberto Fernandez, ont reçu des menaces armée de l'aile droite de la police de Buenos Aires. Sous prétexte de revendications syndicales, des patrouilles d’uniformés ont encerclé les maisons des deux dirigeants.

La situation sanitaire a atteint un état critique. Alors que les hôpitaux commencent à être saturés, le gouverneur de la ville de Buenos Aires, Horacio Rodriguez Larreta [proche de l’ancien président M.Macri], contribue à détériorer la situation en ouvrant les bars des quartier le plus peuplé du pays.


Le 13 septembre, l'Argentine a atteint 11 206 décès causés par COVID-19 tandis que le Brésil a atteint le chiffre de 130 396. La comparaison n'est pas hasardeuse, les deux pays ont détecté le premier cas presque simultanément mais ont suivi des politiques diamétralement opposées. Alors que Jair Bolsonaro nie la gravité de la pandémie et propose des remèdes sans fondement scientifique, Alberto Fernandez décrète presque immédiatement un confinement strict. "On peux surmonter un mauvais PNB mais personne ne revient de la mort", telle est la phrase prononcée par Fernandez lorsqu'il annonce le début du confinement, devenu l'axe d'une politique qui donne la priorité à la vie. Le confinement de la zone métropolitaine de Buenos Aires (AMBA) a permis de réduire le nombre de décès. En effet, alors que l'Argentine atteint 248 décès par million d'habitants, le Brésil en rapporte 614, ce qui montre le résultat de la négation délirante de son président.

La pandémie a entraîné la crise économique la plus profonde que le monde ait connue depuis de nombreuses années. Indépendamment des différents degrés de confinement, les économies s'effondrent partout dans le monde et l'Argentine n'en est pas exempte.

La pandémie frappe encore plus cruellement un pays déjà victime de malnutrition : selon la dernière enquête nationale sur la nutrition et la santé, publiée en 2019, 41 % des mineurs en Argentine sont en surpoids ou obèses et chez les adultes, ce chiffre s'élève à 68 %. Avec la pandémie, les Argentins les plus pauvres voient la qualité de leur alimentation se détériorer davantage. L'ACAF a lancé une campagne de collecte de fonds pour contribuer au travail effectué par les soupes populaires dans les quartiers pauvres (www.acafasamblea.com).

Dans son empressement à capitaliser politiquement cette situation exceptionnelle, la droite argentine nie la pandémie et appelle à la fin du confinement. (voir la chronique de Mauricion Macri dans La Nazion) soulignant injustement la responsabilité du président dans la crise sanitaire.

Dans ce contexte désespéré, la police de la province de Buenos Aires s'est révoltée et a menacé, armes à la main, Alberto Fernandez à la Quinta de Olivos et Axel Kicillof dans sa maison privée. Pendant ce temps, la droite, dirigée par Patricia Bullrich (présidente du PRO, le principal parti d'opposition) et Horacio Rodriguez Larreta (gouverneur de la ville de Buenos Aires), a tenté une capitalisation politique de l’évenement. L'opération est revendiquée par un syndicat inexistant composé d’anciens membres du PRO et d’anciens agents exclus de l’institution policière pour être impliqués dans affaires de trafic de drogue.

La menace de ce secteur de la police de Buenos Aires n'est pas un fait isolé :

*Une partie de l'alliance "Ensemble pour le changement" (PRO + UCR + péronisme dissident) ne reconnaît pas la légitimité du Congrès national et a décidé de ne participer de sessions de discussions pendant la pandémie.

* Il y a quelques semaines, l'ancien sénateur en exercice, Eduardo Duhalde, a donné un premier avertissement (ou une menace ?) en signalant la possibilité d'un soulèvement de l’opposition

* Facundo Castro, un jeune militant de la province de Buenos Aires, fut arrêté et porté disparût aux mains de la police de la province de Buenos Aires. La disparition du jeune homme fut suivie d'une dissimulation de preuves et d'une série d'intimidations et de menaces à l'encontre des membres de la famille et des avocats de la défense.

*Un animateur de réseaux sociaux a menacé publiquement la vice-présidente Cristina Fernandez de Kirchner lors d'un débat au Sénat. Au cours de la même session, les données personnelles de plusieurs sénateurs ont été diffusées par le biais de réseaux sociaux favorisant l'intimidation de ces derniers.

*Des locaux appartenant au Frente de Todos ont été criblés de balles à Villa Lugano.

Tous les ingrédients du manuel illustré sur les coups d'État en Amérique latine semblent être en oeuvre:

1) délégitimation des institutions démocratiques, 2) chaos social, et 3) alliance avec les forces armées ou de sécurité. Bien que la droite argentine soit loin de pouvoir réaliser ce que leurs homologues boliviens ont fait, ils ne vont pas abandonner la partie. Surtout maintenant que, dans ce contexte social désastreux dû au Coronavirus, le gouvernement est confronté à l'usure croissante d'une population confinée depuis des mois.

Pendant ce temps, Milagro Sala et tous les prisonniers politique victimes du Lawfare ont déjà purgé plus de 1 700 jours de détention dans la province de Jujuy, où les politiques du gouverneur Gerardo Morales ont contribué à dégradé le système de santé et à aggraver la crise sociale.

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