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25 mai 1810 - 2020

210 ans de la révolution de mai 1810

Les idéaux de l'acte fondateur de la République Argentine

toujours vivants


210 ans après la révolution de mai : les Argentins résidents en France, comme tous les Argentins, fiers de notre acte émancipatoire, revendiquons les idéaux de mai, inspirés par le désir d'indépendance nationale, par l'unité latino-américaine contre les puissances coloniales, par la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1789, par le désir d'un monde fraternel et uni fondé sur les libertés individuelles et les sociétés justes.

210 ans après la révolution de mai : la pandémie COVID-19 donne à cet anniversaire

un contexte particulier, en mettant en évidence, au niveau mondial, les échecs du modèle

néo-libéral dominant, qui méprise l'État protecteur, attise les mécanismes d'exclusion sociale, néglige le système hospitalier et autres services publics élémentaires. En l'Argentine, le gouvernement populaire, élu le 27 octobre 2019, assume les nouveaux défis dans un contexte national et international difficile, difficultés qui ont été exacerbées par les quatre années du précédent gouvernement néolibéral. La gestion de la crise sanitaire par le gouvernement actuel et l'organisation d'un plan national de lutte contre la faim sont un signe sans équivoque de sa volonté politique.

210 ans après la révolution de mai : les idéaux de notre acte fondateur sont toujours

en vigueur, dans un monde radicalement différent, caractérisé par la concentration du

pouvoir financier et de la richesse aux mains de quelques nantis. La renégociation de la dette extérieure de l'Argentine, qui se décide ces jours-ci, sera une arène de lutte particulière, dans laquelle la possibilité de construire une alternative durable aux politiques des groupes financiers internationaux, dont tous les pays souffrent, se jouera au-delà des finances de l'Argentine. La lutte de l'Argentine contre cette dette impayable représente une lutte de tous les peuples contre l'esclavage financier. Par ailleurs, l'adoption d'une loi d’impôt sur les grandes fortunes permettra, sur la base d’un prélèvement plus égalitaire, de mobiliser plus de ressources pour la solidarité sociale.

210 ans après la révolution de mai : "et les peuples libres du monde répondent, au

grand peuple argentin. Santé !" Tel l’exprime la devise de notre hymne national ; nous lui

rendrons hommage, dans un contexte où les nouvelles aventures impérialistes

nord~américaines en Amérique latine sont présentées par les médias occidentaux comme

quelque chose de normal : 60 ans de blocus criminel à Cuba, le coup d'État en Bolivie en 2019, et la récente tentative d'invasion du Venezuela suivie de menaces agressives de Trump,parlent d'eux-mêmes. Nous saurons être solidaires avec les peuples d'Amérique latine, avec le peuple brésilien en lutte contre le délabrement néofasciste incarné par Jaïr Bolsonaro ou avec le peuple chilien à la merci du néo-pinochettiste Sebastián Piñera.

210 ans après la révolution de mai : pour un modèle de développement soutenable.

S'interroger, aujourd'hui, sur la signification et la validité des idéaux de Mai, nous amène

également à réfléchir à un modèle de développement qui implique non seulement une autre

relation entre les humains, mais aussi avec la nature. Un modèle de développement qui

implique l'arrêt de la dégradation des ressources naturelles, de la pollution de l'air, des rivières et de la mer. Construire un monde que nous pourrons léguer avec fierté à nos enfants et petits-enfants.

210 ans après la révolution de mai : sans répression, avec liberté, égalité et justice.

Nous rendons tout d'abord hommage aux Mères et Grand-mères de la Place de Mai, symboles nationaux et internationaux de la lutte contre la répression, qui ont ouvert la voie à la condamnation des génocidaires et des tortionnaires. En ce 25 mai, nous demandons la

libération des militants sociaux injustement emprisonnés ou condamnés, dont l'exemple

emblématique est, aujourd'hui, Milagro Sala et ses camarades de l'association Tupac Amarú, dans la province de Jujuy. Nous rendons hommage à Santiago Maldonado et Rafael Nahuel, victimes de la répression du gouvernement Macri, et aux autres victimes des politiques de la "gâchette facile". Et nos sincères condoléances à Ramona Medina et à ses compagnons de la Villa 31, qui sont morts ces jours-ci à cause de la négligence criminelle des héritiers de Macri dans la ville de Buenos Aires.

210 ans après la révolution de mai : la société argentine a mené une lutte exemplaire

pour les droits humains ; et elle poursuivra ainsi : en soutenant les femmes dans leur lutte

pour le droit de disposer de leur corps, contre le machisme et les féminicides ; dans la lutte

des peuples autochtones pour la reconnaissance de leurs droits, de leurs terres et de leur

culture ; dans la lutte pour la défense de la démocratie et des libertés publiques dans un

monde où le progrès technologique se met au service de la surveillance des citoyens.

Vive les idéaux de mai !

Pour nous, pour l'Amérique latine, pour un monde de fraternité,

de solidarité et de justice.

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