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Dossier de presse sur la situation de la Maison de l’Argentine à la Cité Universitaire de Paris au 1er Mars 2026

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    Admin
  • il y a 5 heures
  • 4 min de lecture


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Le dernier mardi 10 février, Santiago Muzio, directeur de la Casa Argentina à la Cité Universitaire de Paris, nommé par le gouvernement du président argentin Javier Milei, a retiré la plaque commémorative en hommage aux 30 000 disparus et victimes du terrorisme d'État de la dernière dictature militaire argentine (voir photos plus haut). Cette plaque se trouvait à droite de l'entrée de la résidence.  

L'Assemblée des citoyens argentins en France a immédiatement réagi en adressant la lettre suivante au directeur de la Casa Argentina :

                                             




   

  

      


24 mars 2025 12 février 2026


À l'attention de M. Santiago Muzio, directeur de la Casa Argentina :


Nous nous adressons à vous avec une vive inquiétude après avoir appris que la plaque installée par notre association (loi 1901) « Asamblea de Ciudadanos Argentinos - ACAF », conjointement avec les autorités de la Casa Argentina et d’autres organisations de défense des droits humains, a été retirée de son emplacement.

Cette plaque a été posée le 24 mars 2022, à l'occasion de la Journée nationale de la Mémoire pour la Vérité et la Justice, instituée par la loi n° 25 633 du 22 août 2002 afin de commémorer les victimes du terrorisme d'État, conformément aux obligations relevant du ministère de l'Éducation argentin. Celles-ci sont précisées à l'article 2 de ladite loi, qui stipule : « Au sein du Conseil fédéral de la Culture et de l'Éducation, le ministère de l'Éducation de la Nation et les autorités éducatives des différentes juridictions s'accorderont sur l'inclusion, dans les calendriers scolaires respectifs, de journées se rapportant à la Journée nationale instituée par l'article précédent, qui consolident la mémoire collective de la société, suscitent des sentiments opposés à tout type d'autoritarisme et promeuvent la défense permanente de l'État de droit et la pleine validité des droits de l'homme» 

À 50 ans du coup d’État du 24 mars 1976, qui a marqué notre pays par un processus militaire dont le caractère génocidaire a été défini par les procès pour crimes contre l'humanité et reconnu au niveau international, le retrait de cette plaque nous semble particulièrement grave et exige des explications.

Nous vous demandons de procéder rapidement à la réinstallation de cette plaque commémorative et d'autoriser, comme cela se fait chaque année tant à l'ambassade qu'à Casa Argentina, le dépôt d'une gerbe en mémoire des victimes du coup d'État, conformément à la loi N° 25 633.

Cordialement,

ACAF


À ce jour, Santiago Muzio n'a pas répondu à cette demande.


Une pétition d’anciens résidents et d’universitaires circule actuellement pour également demander la réinstallation de la plaque (https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeveFJB7Facbk5iNRRbPKsT2eE90ofMVktS58kuclJgD_Ri-g/viewform)


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Santiago Muzio, le directeur de la Maison de l’Argentine est un très proche des secteurs ultraconservateurs de l’entourage de Javier Milei et, en France, un collaborateur de la députée européenne Marion Maréchal.

Il a été le directeur de l’antenne espagnole du l’Institut de Sciences Sociales, Économiques et Politiques -ISSEP-, basée à Lyon, école privée de formation des cadres fondée par Marion Maréchal, dirigeante politique de l’extrême droite française. (Voir une synthèse de son activité sur https://blogs.mediapart.fr/carlos-schmerkin/blog/040924/un-avocat-d-extreme-droite-nomme-la-tete-de-la-maison-de-l-argentine-paris)


M. Muzio participe, actuellement, à l’implantation de cette école à Paris et met à la disposition de celle-ci les installations de la Maison Argentine à la Cité Universitaire pendant des week-ends pour des modules de formation en campagne électorale et de sciences politiques.


Bien que l’ISSEP annonce vaguement que le lieu de la formation est le « ISSEP Paris », les séances de l’année 2025 se sont déroulées à la Maison de l’Argentine, de façon presque clandestine.          .


             


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M. Muzio participe activement aux initiatives internationales des forces ultraconservatrices, spécialement aux conférences de la CPAC ou du Forum de Madrid organisées par VOX.  (https://www.lanacion.com.ar/politica/dos-enviados-de-milei-hablaron-del-milagro-argentino-en-una-cumbre-ultraderechista-convocada-por-el-nid30052025/

Mais est également devenu l’amphitryon de certaines initiatives comme celle qui s’est déroulée le 4 novembre 2025 dernier à la Maison de l’Argentine, ce qui a attiré l’attention de certains médias. (….). 

En effet, les salons de la Maison d’Argentine, ont été mis à la disposition du  groupe de réflexion polonais, proche du PiS, Ordo Iuris et du groiupe Mathias Corvinus Collegium, proche au premier ministre, Viktor Orbán et associés à l’Institut de Formation Politique et à la Bourse Tocqueville.  Ces derniers sont en relation avec le projet Périclès, du millionnaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin. 


Comme il a été signalé dans la presse :  « L'événement, … a réuni plus d'une cinquantaine de personnalités issues de toutes les tendances de la droite française. Une salle comble et une droite au complet.. » (https://www.breizh-info.com/2025/11/11/253434/ordo-iuris-et-le-mathias-corvinus-collegium-presentent-a-paris-leur-vision-dune-europe-des-nations/), « Des think tank hongrois et polonais d’extrême droite ainsi que des membres du RN se réunissaient à Paris ce 4 novembre pour présenter leur plan de démantèlement de l’Union européenne » (https://basta.media/The-Great-Reset-extreme-droite-europe-lance-a-Paris-son-plan-pour-demanteler-UE)

Santiago Muzzio, directeur de la Maison de l'Argentine, a assuré l’introduction de cette réunion politique (voir photo). 

C’est en violation de l’article 13 du règlement de la Maison argentine (https://drive.google.com/file/d/1Lg54Dwlgyf0aPMO13Mu4Q63bBrex4Zkb/view) que M. Muzio met les locaux à disposition de l’extrême droite française et européenne.


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La maison de l’Argentine jouit d’un statut particulier au sein de la Cité Universitaire de Paris-CIUP-. Elle appartient au ministère de l’Éducation argentin et est administrée directement par celui-ci et reconnue comme une « fondation d’utilité publique et assimilée » au sein de la CIUP, partageant des missions communes avec les autres maisons (https://www.ciup.fr/wp-content/uploads/2022/03/Reglement-general-CiuP-VDEF.pdf).

Toutes les maisons de la CIUP doivent garantir aux résidents le libre exercice de leurs libertés fondamentales, selon le droit français et doivent également respecter les principes de non-discrimination, de laïcité et de développement durable. Ces principes sont édictés dans la charte des valeurs, que chaque maison doit signer (https://www.ciup.fr/wp-content/uploads/2022/09/CHARTE_VALEURS_CIUP_A2_V11-RVB.pdf).

Depuis l’arrivée de Santiago Muzio en qualité de directeur, la Maison de l’Argentine refuse de signer la charte des valeurs. Face à cette situation, le Comité de résidents de la Maison de l’Argentina, a, pour sa part signé la Charte.

La Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) encourage le brassage des nationalités et chaque maison doit accueillir au moins 30 % de résidents étrangers. Cependant, le refus de S. Muzio de signer cette charte a conduit certaines maisons de la CIUP à suspendre leurs échanges avec la Maison de l’Argentine. 

Par ailleurs, il faut noter que depuis l’arrivée de M. Muzio comme Directeur, un signe religieux ostentatoire a été exposé à l’entrée publique de la résidence.


 
 
 

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